Discours à l’occasion de la signature du Pacte Culturel (3 mars 2017)


Madame la ministre, chère Audrey Azoulay,

J’ai évidemment beaucoup de plaisir à vous accueillir aujourd’hui pour la signature et l’officialisation de ce pacte culturel entre l’État et la ville de Villeurbanne.
Un pacte dont nous avons délibéré en conseil municipal, le 15 décembre dernier, m’autorisant par là même à le signer avec vous ce matin.

 

Un mot sur le site où nous nous trouvons.

 

Nous sommes ici au sein des Ateliers Frappaz, labellisés Centre national d’art des arts de la rue en 2014.
Un équipement dont l’histoire et la genèse tiennent à notre engagement déjà ancien et surtout persévérant dans le domaine de l’expression des arts dans l’espace public.
Un lieu qui accueille à l’année des artistes et des compagnies en résidence, un lieu qui s’engage ainsi dans de nombreux soutiens et coproductions dont notamment celles que l’on retrouve en juin lors des Invites, le festival pas pareil.
Un festival construit ici, dans les ateliers avec l’aide et la participation des habitants.

 

Il y a avec et autour de nous la plupart des acteurs culturels de notre ville.
Ceux qui ont un label national, ou qui sont reconnus par votre ministère et qui ne sont pas moins de six à Villeurbanne:
• le Théâtre national populaire,
• l’École nationale de musique,
• l’Institut d’art contemporain qui abrite le FRAC,
• le Centre national des arts de la rue qui nous accueille,
• la compagnie KompleXKapharnaüm
• le CMTRA, le centre des musiques traditionnelles Rhône Alpes tout récemment devenu Ethnopole.

 

Il y a aussi d’autres équipements et institutions villeurbannaises comme
• l’Urdla,
• le Rize, centre mémoires et société (….),
• le réseau de lecture publique qui s’est développé autour d’un équipement emblématique, la Maison du Livre de l’image et du son conçue par l’architecte Mario Botta,
• le cinéma le Zola, cinéma d’art et d’essai, premier cinéma mono écran en termes de fréquentation à l’échelle nationale,
• le CCO, laboratoire d’innovations sociales et culturelles avec lequel nous voulons engager un grand projet d’avenir.

 

Cette présence nombreuse et multiple est significative de la démarche qui nous a conduits à élaborer un pacte culturel.
Cette démarche, nous l’avons d’abord engagée avec tous nos partenaires dans le cadre d’une stratégie financière permettant et garantissant à chacun le maintien de ses subventions durant les 4 années à venir au niveau où elles étaient en 2015 et non pas en donnant des coups de rabot uniformément et tous les ans sur les aides de chacun.

Mais cela a été aussi l’occasion d’un exercice partagé, d’une dynamique collective nous permettant de préciser les grands objectifs culturels pour la fin de ce mandat municipal, affirmant la nécessité de l’élargissement des publics, la prise en compte de toutes les composantes de la diversité présente dans la ville et en positionnant l’éducation artistique et culturelle comme la colonne vertébrale de toutes nos actions.

 

Sans vouloir prétendre toujours à l’exemplarité, cet exercice et ce à quoi il nous conduit marque une différence avec le paysage culturel qui nous entoure parfois.
Un paysage parsemé de budgets en récession, de situations où la culture sert de variable d’ajustement.

Ce n’est pas le chemin que nous avons emprunté et ce pacte en témoigne éloquemment.

À dire vrai ce choix et les engagements qu’il suppose ne datent pas d’hier.
Beaucoup d’aventures artistiques et culturelles ont trouvé dans cette ville, refuge quelquefois, mais surtout des conditions et un environnement propices à leur implantation et à leur développement.

 

Je voudrais en citer quelques exemples:
• le Théâtre National Populaire
• l’Ecole Nationale de musique, aventure atypique débutée il a 35 ans sous la férule du compositeur Antoine Duhamel, une sorte d’anticonservatoire, ouvert largement aux adultes comme à toutes les esthétiques musicales, une école qui tout en cultivant l’excellence irrigue tout le territoire de la ville, avec des concerts nomades et des classes d’orchestres à l’école dans les quartiers prioritaires.
• Ou encore la création singulière du Nouveau musée, à l’origine un concept sans murs ni collections, devenu aujourd’hui l’IAC.

C’est cette politique exigeante et différenciante qui a permis d’affirmer l’identité et la singularité de cette ville, ou la prise en compte de la diversité des populations auxquelles elle s’adresse est une réalité qui s’impose presque naturellement lorsqu’on s’installe à Villeurbanne.

Merci, madame la Ministre, avec la signature de ce pacte, de la marque de confiance que vous nous donnez, de nous accompagner, et de nous encourager à persévérer.